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Georges Riguet, Poète d'Uxeau-sous-Dardon

Extraits d'un article de Maurice Riguet publié en 2003, dans la revue Echos du Passé

Extraits du Discours de Monsieur le Maire d'Uxeau

L'école d'Uxeau avant 1920
Souvenirs de l'élève Georges Riguet
Le Pays d'où je viens
Poème de Georges Riguet

L'oeuvre de Georges Riguet est variée.
Mais c'est surtout en évoquant Uxeau où il passe une grande partie de son enfance qu'il manifeste la pureté de son talent et son attachement au pays.

Dans ses Contes de mon Village (1933), ses Histoires d'Antonin Muset (manuel scolaire 1953), dans la centaine de ses articles ("Bonjour Village", "Au bon vieux temps", "Aux sentiers du souvenir"...) dans ses poésies (notamment ses Chansons de l'Ouche Fontaine 1954), le poète exprime son amour pour les lieux de son enfance.

Au gré des pages et de la fantaisie du conteur, le nom du pays change (Villagrande, Bazeu, Melville...) mais c'est toujours d'Uxeau dont il est question, du vieux village montueux - maintenant coquet - mais qui aura longtemps conservé, dans une sorte d'intemporalité, l'aspect qu'a connu Georges Riguet en 1914. :
"Au faîte du coteau apparaissent les maisons du bourg. On en compte une vingtaine, le toit sur l'oreille, l'air fatigué. L'église et l'école sont les seules constructions couvertes d'ardoises : elles font les fières. Les autres bâtisses s'appuient de l'épaule aux échelles de leurs fenils et bâillent à pleine porte comme des femmes édentées. Quatre tilleuls, sur la place, dansent leur ronde immobile autour d'une croix de pierre grise."

Et voici la maison natale, ("Elle est au bout du village, à l'amorce de la "dévalée" qui mène à l'Etang Neuf") avec, en face, la petite colline de "La Fioule" à demi-cachée par les établissements Simon, autrefois menuiserie et Hôtel du Nord. Car nous parlons d'une époque où quatre débits de boissons attiraient la clientèle uxelloise : Le Café du Centre (le café des jeunes), le Café Chandioux, l'Hôtel du Nord réservé aux clients du menuisier, et l'Auberge Boeufgras (des arrière-grands-parents maternels) qui réunissaient les chasseurs du pays.

Depuis cette auberge, jusqu'au carrefour de la Croix de la Perche toujours battu des vents et proche du Mont Dardon, cette grosse bosse robustement modelée, les textes de Georges Riguet décrivent ou chantent tout le pays et sa campagne, en l'animant d'une foule de personnages : les figures familiales, bien sûr, mais aussi les paysans, les artisans (forgeron, sabotier, scieur de long, brandevinier...) dont il décrit avec précision les pratiques professionnelles, en s'arrêtant sur les portraits les plus pittoresques.
Voici l'Etienne Buteau, à la fois cantonnier, tambour municipal et fossoyeur, le Père Pinson qui va sur l'use, la Mère Bouc qui glane à la brune, dans les jardins mal clôturés et les poulaillers du voisinage, tout ce qui tient dans un cotillon retroussé. Voici le Père Breugnot qui, chaque dimanche, sort du café en braillant "La Jambe de bois" et la Jeannette Brebis avec sa figure en fond de soupière, et Blaise Laumain, le joueur de vielle (dit "le Vindiou" ou "le Roton") dont la trogne rubiconde n'engendre pas la mélancolie...
Tous ces Anciens revivent dans les souvenirs d'enfance, dans les contes, dans les récits drolatiques ou émouvants ; car ce sont souvent les plus déshérités d'entre eux qui reviennent vers nous : le Jeanjean qui trime du matin au soir, Célestin l'innocent, le "bêtia" qui ressemble à une grande rame à haricots, ou encore le bonhomme Mathurin que les garnements tourmentent...
N'en doutons pas : toutes ces silhouettes ont bien existé, même si leurs aventures sont parfois enjolivées.

Et puis, l'approche littéraire du village s'accompagne de multiples notations sur les manières de parler, les habitudes de consommation, les moeurs politiques ou les traditions : braconnage, lessive "au crô", roulée des oeufs de Pâques, course aux ânes, bouquet de la mariée que l'on dépose sur le passage du cortège... et aussi toutes ces légendes qui enchantent les veillées, personnifient les fontaines et les animaux ou ruinent la réputation de certains lieux ("le Mauvais Pas", "le Trou d'enfer"..) hantés par les revenants, le mauvais oeil ou l'odeur du soufre...

 

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