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Le Pays d'où je viens

Poème de Georges Riguet

Extraits du Discours de Monsieur le Maire d'Uxeau

Georges Riguet, Poète d'Uxeau-sous-Dardon
Extraits d'un article de Maurice Riguet publié en 2003, dans la revue Echos du Passé
L'école d'Uxeau avant 1920
Souvenirs de l'élève Georges Riguet

Le pays d'où je viens voyage en ma pensée
Je reconnais les lieux, les visages, les bruits,
Les couleurs du matin, l'or étoilé des nuits
Et mes pas d'autrefois parmi l'herbe froissée.


Je reconnais cet horizon toujours le même
Dont mes yeux ont gardé le souvenir précis :
Les champs, les bois ombreux par les étés roussis
Et ce coteau tout proche où dorment ceux que j'aime.


Voici le cher village aux aubes radieuses
Avec ses voix et ses rumeurs au gré des ans,
Ses chemins malaisés et ses chars cahotants,
Sa croix de pierre et sa fontaine aux eaux rieuses...


Voici l'église où l'on se pressait le dimanche,
L'auberge et ses photos de conscrits sur les murs,
Le vieux noyer, si vieux qu'à gauler ses fruits mûrs
L'on ne déclenchait plus que minable avalanche.


Les maisons ont des airs d'aïeules débonnaires ;
La mousse est sur leurs toits comme un second bonnet ;
Les murs ont un aspect quasi parcheminé...
O visage émouvant des logis centenaires !


Plus avant sur la route, à la limite presque
De la prairie, une bâtisse est toujours là,
Où longtemps mon devoir d'écolier m'appela...
O jours lointains, naïve histoire et tendre fresque !


Et voici la demeure à mes songes fidèle :
Des paires de sabots en encadrent le seuil
Et la même lucarne, au grenier, suit de l'oeil,
Depuis toujours, le preste envol d'une hirondelle.

Tout est là, tout est là : les jeux, les cris, les rires,
La maison, le jardin, les bêtes dans la cour,
La première et timide aventure où l'on court,
Et jusqu'au vieux voisin dont nous aimions les dires.


Ah ! l'accent "de chez nous", les fêtes, les veillées,
Le bois qui brûlait clair ou couvait ses tisons,
Les récits tour à tour assortis de chansons,
Et, dans l'air, le parfum des châtaignes grillées...


O pays d'autrefois, mon jardin, ma prairie,
Ma douce souvenance et mon premier bonheur,
Quel périple jamais pourrait tenter mon coeur
S 'il détournait mes pas de ton imagerie ?


Bataille des saisons sur la colline ronde,
Coups de chapeau du vent moqueur dans les taillis,
Bocage aux oiseaux fous quand vient le temps des nids,
Cortège des moissons dans la lumière blonde...


Campagne de chez nous, je te retrouve telle
Que tu m'apparaissais naguère au point du jour :
Blonde et rose, ou couleur d'eau morte, tour à tour,
Mais toujours, à mes yeux, merveilleusement belle.


Herbage où le bétail allait boire aux fontaines,
Montagne au ciel changeant dans le jeu des saisons,
Champs à l'étroit dans leur enclave de buissons,
Sol marqué du labeur de l'homme et de ses peines...


A quoi cela tient-il qu'il exalte mon rêve,
Cet horizon pourtant tout de simplicité ?
Nul remords ne m'atteint si je l'ai trop vanté
Puisqu'il nourrit en moi la racine et la sève.


Qu'importe alors le cours effrayant des années !
L'aube reste la même au pays d'autrefois,
Et tout ce qui murmure ou jase dans les bois
Me redit la douceur des terres bien-aimées.

 

Secrétariat du Prix : Madame Monique LABAUNE - 17, route de Montcoy - 71670 - Le Breuil